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Chine, Palestine, Ukraine : les trois priorités de Paris au G7

الكاتبabdulrahman-mustafaتاريخ النشر
Chine, Palestine, Ukraine : les trois priorités de Paris au G7

Le sommet du G7 se tient à un moment où les crises économiques se recoupent avec les conflits militaires, la compétition technologique, la sécurité des ressources et les chaînes d’approvisionnement. Par conséquent, la France a fait de la lutte contre les déséquilibres économiques un objectif-clé de sa présidence du G7 cette année. La guerre commerciale et les déséquilibres économiques avec la Chine constituent un point problématique de l’agenda. Le président Emmanuel Macron a anticipé le sommet en organisant une visioconférence avec des représentants du G7, de la Chine représentée par le vice-premier ministre Zhang Guoqing et du Fonds Monétaire International (FMI), sous le slogan de « sommet pour la convergence mondiale de la croissance ». La France s’inquiète de l’excédent commercial record de la Chine et de la dépendance des économies du G7 envers Pékin pour les minerais critiques et les composants stratégiques. L’objectif est de renforcer l’arsenal de défense commerciale européen tout en évitant une confrontation ouverte. Emmanuel Macron a exhorté les Etats-Unis, la Chine et l’Europe à coordonner leurs politiques économiques pour éviter des « ajustements économiques et financiers brutaux ». Macron a souligné que la correction de ces déséquilibres était une « responsabilité partagée entre les économies, qu’elles soient excédentaires ou déficitaires », indiquant qu’une « coordination entre l’Europe, la Chine et les Etats-Unis pour adopter une approche appropriée est cruciale ».

Par cette vidéoconférence, la France a cherché à dégager un consensus de remédier aux déséquilibres macroéconomiques et commerciales en trouvant des solutions urgentes pour des questions telles que le déficit budgétaire américain, la faiblesse des investissements en Europe et, enfin, l’énorme excédent commercial de la Chine. Les exportations de véhicules électriques, de batteries lithium-ion et d’autres produits de haute technologie menacent les industriels européens dans ce que les analystes qualifient de « second choc chinois » après sa domination des industries à faible valeur ajoutée dans les années 2000. Cette vidéoconférence constitue l’une des rares occasions auxquelles un haut responsable chinois participe directement. Un responsable de la Commission européenne a qualifié l’initiative française envers la Chine de bon pas pris dans un mauvais contexte. Le responsable a tenu à affirmer que « la Chine serait heureuse de voir le groupe adoucir son discours, mais pas au prix de la reconnaissance que sa surproduction constitue un problème ».

Côté chinois, le vice-premier ministre chinois Zhang Guoqing a plaidé pour « un environnement commercial libre et favorable » et a insisté sur la nécessité d’adopter une vision objective des avantages comparatifs de chaque pays, selon l’agence de presse officielle Xinhua. Il a par ailleurs défendu les politiques industrielles de Pékin, affirmant que ce sont les autres pays qui sapent les règles du commerce mondial en imposant des droits de douane unilatéraux. Il est à noter que la participation d’un haut responsable chinois à cette vidéoconférence constitue un cas rare d’interaction entre la Chine et le G7, Pékin critiquant de longue date ce groupement qu’il juge illégitime pour traiter des affaires mondiales et non représentatif de l’ordre international actuel.

L’Appel de Paris 2026 pour une solution à deux Etats

Autre question chère à Paris : la solution à deux Etats. En amont du G7, l’Institut du monde arabe à Paris a accueilli la deuxième édition de la conférence « L’Appel de Paris 2026 », réunissant des représentants de la société civile israélienne et palestinienne, ainsi que 15 ministres et des délégués d’une quarantaine de pays. Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Pascal Confavreux, a déclaré à l’agence de presse du Moyen-Orient (MENA) que la conférence vise principalement à briser l’impasse politique. Cette conférence s’inscrit dans la continuité de l’« Appel de Paris 2025 » qui, en coopération avec le Royaume d’Arabie saoudite, a abouti à la « Déclaration de New York ». Cette dernière a été suivie d’évolutions positives, marquées par la reconnaissance de l’Etat de Palestine par 11 pays, dont deux membres permanents du Conseil de sécurité.

La tenue de cette conférence, organisée juste avant le sommet du G7, n’est pas fortuite. La France souhaite que l’Appel de Paris porte un message clair aux dirigeants mondiaux réunis à Evian, en présence du président américain Donald Trump.

« L’Appel de Paris 2026 » s’est achevé sur cinq priorités indispensables. Il s’agit, premièrement, de permettre la mise en oeuvre effective du plan de paix à Gaza, notamment par le respect du cessez-le-feu. Il convient également de répondre aux menaces pesant directement sur la viabilité de la solution à deux Etats (colonisation et annexion), de faire face à l’urgence humanitaire et d’amorcer une reconstruction conforme aux principes du droit international, ainsi que de favoriser la sécurité régionale et l’intégration des pays du Proche-Orient dans un cadre de paix partagé, tout en prenant en compte les aspirations des sociétés civiles à la démocratie et aux réformes politiques. « L’Appel de Paris 2026 n’est soumis à aucune considération politique ou économique, l’essence des recommandations réside avant tout dans la dignité humaine », a déclaré le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

Sortir de l’impasse en Ukraine

Déclenché il y a près de quatre ans, le conflit russo-ukrainien a des répercussions qui dépassent largement la simple perturbation des chaînes d’approvisionnement mondiales. Il suscite aujourd’hui de violentes divergences entre l’Administration Trump, qui souhaite réduire, voire supprimer, l’aide militaire à l’Ukraine, et les Européens, pour qui abandonner Kiev s’apparente à une capitulation face à Moscou. Par ailleurs, ces derniers mois, plusieurs cycles de négociations sous l’égide des Etats-Unis ont échoué à rapprocher Kiev et Moscou, le processus s’enlisant à mesure que l’attention de Washington se déplaçait vers l’Iran.

A ce jour, l’Ukraine s’estime dans une position de force inédite : la Russie, dont l’économie est en difficulté, ne parvient pas à l’emporter militairement. Une fenêtre d’opportunité diplomatique pourrait donc s’ouvrir. C’est pourquoi les dirigeants européens cherchent à tirer parti de leurs entretiens avec le président américain, Donald Trump, pour obtenir son soutien à une nouvelle initiative diplomatique. Les dirigeants du « E3 » (France, Allemagne, Royaume-Uni) souhaitent que la Russie accepte un cessez-le-feu immédiat le long des lignes de front actuelles comme « point de départ des négociations », tout en offrant à l’Ukraine de solides garanties de sécurité, incluant le déploiement d’une force multinationale. Ces propositions ont été actées dans une déclaration commune avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à l’issue d’une réunion tenue à Londres le dimanche 7 juin. Ce plan de paix, articulé autour de cinq piliers, repose tout d’abord sur un cessez-le-feu immédiat et total où les lignes de contact actuelles doivent servir de base aux discussions. Il exige ensuite des garanties de sécurité crédibles et juridiquement contraignantes, s’appuyant sur les engagements pris à Berlin en décembre 2025 et à Paris en janvier 2026, incluant le déploiement de forces multinationales sur le sol ukrainien. En troisième lieu, les avoirs russes resteront gelés jusqu’à ce que Moscou mette fin aux hostilités et indemnise l’Ukraine pour les dommages subis. Enfin, tout accord devra préserver la sécurité du continent européen, sachant que les volets concernant l’Union européenne et l’OTAN nécessiteront le consentement explicite de leurs Etats membres respectifs. De son côté, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a d’ores et déjà qualifié ces conditions d’« incohérentes » .