Le gouvernorat de Gizeh a été secoué lundi 15 juin par un tragique accident de la route lorsqu’une voiture transportant les membres d’une même famille a plongé dans le canal d’Al-Marrioutiya, faisant six morts et un blessé, selon le quotidien Al-Ahram.
À la suite d’une perte de contrôle du véhicule par le conducteur après l’éclatement soudain de l’un des pneus, la voiture, qui transportait sept personnes de retour d’une cérémonie de mariage, a dévié de sa trajectoire avant d’être engloutie par les eaux.
Six des passagers, dont deux enfants, ont péri noyés sur le coup. La plus jeune des victimes avait six ans. Un seul passager, blessé, a survécu.
Le drame s’est produit sur le tronçon reliant les villages d’Al-Aziziya et d’Abou Sir, dans le centre d’Al-Badrashein.
Ce drame relance le débat sur la sécurité de cet axe routier névralgique, tristement surnommé par les riverains « le canal de la mort ».
Deux accidents en deux semaines
Ce nouvel incident survient d’ailleurs après un drame similaire survenu le 1er juin. Dans la zone d’Al-Saff, une famille entière de sept personnes — un couple, leurs quatre enfants et le frère du mari — avait trouvé la mort dans des conditions identiques, toujours selon Al-Ahram.
En l’espace de deux semaines, le bilan humain s’élève désormais à 13 morts sur cet axe, suscitant une vive émotion parmi la population locale.
Pourtant, le canal d’Al-Marrioutiya est l’une des voies navigables et touristiques les plus stratégiques du gouvernorat de Gizeh. Dérivé du Nil, ce canal traverse plusieurs zones densément peuplées telles que Haram, Faysal, Abou Nomros, Al-Badrashein et Al-Hawamdiya.
La route qui le longe constitue un axe routier majeur reliant le sud de Gizeh au périphérique cairote, et reste massivement empruntée par les visiteurs se rendant vers les sites archéologiques des Pyramides et de Saqqarah.
Face à la récurrence de ces drames, les habitants de la région pointent du doigt les retards dans la sécurisation de la route. Ils rappellent notamment les directives strictes émises par le président Abdel Fattah Al-Sissi il y a environ cinq ans.
Une vidéo montrant la visite du chef de l’État sur les lieux est redevenue viral aujourd’hui. A l’époque, Al-Sissi avait exprimé son insatisfaction face à l’absence de glissières de sécurité et avait ordonné le déploiement immédiat de barrières en béton sur toute la longueur du canal pour stopper les sorties de route.
Aujourd’hui, les résidents des villages situés autour de ce canal réclament une intervention d’urgence des autorités locales pour achever les travaux de protection et poser les équipements préconisés par le Président.