Le volume d’eau disponible annuel par habitant en Egypte est tombé à près de 490 mètres cubes, inférieur de moitié au « seuil de pauvreté hydrique », a alerté mardi 9 juin le ministre de l’Irrigation et des Ressources hydriques Hani Sewilam lors d’une réunion avec la directrice régionale du développement durable à la Banque mondiale (BM) Meskerem Brhane.
Alors que l’Egypte « dépend à plus de 98 % des eaux du Nil » et fait face à « un besoin national annuel estimé à 120 milliards de mètres cubes », cette rencontre avec l’instance de financement a permis d’examiner les mécanismes de financement et de soutien technique, précise le communiqué ministériel.
Dans les années 60, la part d’eau par habitant en Egypte dépassait les 2 000 mètres cubes par an. Dans les années 90, ce ratio avait progressivement chuté sous la barre des 1 000 mètres cubes, « le seuil de pauvreté hydrique » défini par l’ONU.
L’Egypte a souligné que sa sécurité hydrique et l’eau du Nil était une « ligne rouge » ainsi qu’une « menace existentielle » et a rejeté toutes les mesures unilatérales prises en amont du fleuve, notamment l’exploitation du barrage éthiopien de la Renaissance sans coordination avec les pays de l’aval.
La migration vers la « Gestion 2.0 »
Pour combler un déficit hydrique qui ne cesse de se creuser en raison de la rareté des précipitations, « l’Egypte met en œuvre une vision intégrée en s’appuyant sur la deuxième génération du système de gestion de l’eau (Génération 2.0) », a affirmé Hani Sewilam.
Ce programme s’inscrit dans le cadre du Plan national des ressources en eau 2037 et de la Stratégie nationale de l’eau 2050, misant sur la transformation numérique, l’intelligence artificielle et les systèmes de prévision pour optimiser la distribution de chaque goutte d’eau.
Parmi les leviers majeurs de cette stratégie figure le recyclage massif des eaux usées agricoles. Le ministre a ainsi mis en avant « le succès des méga-projets nationaux de traitement des eaux, tels que les stations de Bahr El-Baqar, d’El-Mahsama et du Nouveau Delta ».
Le ministre a aussi révélé que l’adoption de nouvelles stratégies avec les agricultures avait permis de rationaliser l’usage de l’eau et de réduire les coûts de production.